Michel profite d’un séjour à Malte, au moment où le pays de ses ancêtres fête son entrée dans l’Union Européenne, pour effectuer des recherches généalogiques. Il prend alors conscience qu’une partie de sa famille est d’origine juive.
Au cours d’un voyage en Israël, quelques mois plus tard, Michel ressent une attirance pour la culture hébraïque. Il est notamment fasciné par l’alphabet hébreu. Dès son retour à Paris, il commence à étudier seul et assidûment, à raison de plusieurs heures par semaine… Les lettres sont agréables à travailler et Michel ressent les émotions artistiques de ses débuts. Un nouveau monde s’ouvre à lui, avec une nouvelle palette de formes et de signes.
Michel découvre la lettre cursive, plus vivante, plus libre et plus moderne. L'admiration initiale se meut en une évidente et farouche volonté : maîtriser les contours de l’alphabet hébraïque pour mieux le moderniser à sa guise, comme il l’avait fait auparavant avec l’alphabet latin.
Aujourd’hui, Michel prend des cours d’hébreu pour ressentir plus profondément la signification du signe qui nait sous ses doigts.
Rapidement, le travail se diversifie, Michel utilise de nouveaux supports pour mettre en valeur ses œuvres. Les photographies des lettres calligraphiques et les objets de décoration remportent un grand succès.
1989 à 2004…
Après avoir étudié la calligraphie gestuelle moderne Après avoir étudié la calligraphie pendant 16 ans auprès de professeurs de renom, tels que Claude Médiavilla ou Kitty Sabatier, Michel d’Anastasio a choisi de s’échapper de l’écriture conventionnelle pour créer son style… Le geste est libéré mais précis… Le signe est roi… Son style est né, unique, parce que Michel est gaucher et qu’il n’écrit pas avec des instruments traditionnels… A la plume, il préfère le Cola-Pen (récupération du métal de la fameuse boisson gazeuse, savamment découpé et plié en forme de couteau) ou le cure-dents en plume d’oie. Au travers des pigments de couleurs et de matières variées (gaze, sable, feuilles d’or, gomme arabique, aquarelles), Michel met en lumière de façon artisanale d’anciens textes maltais ; une façon pour lui de renouer sur la toile avec l’histoire de ses origines, dont ses parents lui ont tant parlé. Il faut regarder son travail de loin puis s’en approcher et l’observer de près pour percevoir encore plus la richesse et la beauté du trait. Michel a alors l’impression profonde d’avoir découvert sa véritable voie et se sent en harmonie complète avec son signe calligraphique.
1. Parcours
Le cadeau 1989
La passion de Michel pour la calligraphie remonte à son 21e anniversaire. Son approche est d’abord autodidacte : sa sœur lui offre un coffret contenant un stylo plume et une méthode de calligraphie. Dès les premiers moments, il constate que la méthode, tout comme les livres spécialisés, ont été conçus pour les droitiers. Or le calligraphe est gaucher !
2. Premier concours
1989-1990
Michel se prépare seul à son premier concours, en s’appuyant sur trois articles de la Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1789.
1990
Une rencontre importante marque l’année 1990 : Michel découvre Ductus, la première association française de calligraphie. Cette association prône un travail approfondi de la calligraphie « Chancelière » et favorise les rencontres entre calligraphes amateurs, calligraphes professionnels et graphistes… Michel est alors sensibilisé à la mise en page, à la mise en couleurs et à différentes techniques de calligraphie. C’est par l’intermédiaire de Ductus qu’il fait la connaissance de calligraphes chinois et de grands maîtres français comme Claude Médiavilla ou Jean Larcher. Aux côtés de Claude Médiavilla, Michel acquiert la conviction qu’il doit persister dans cette voie et trouve la volonté d’avancer par lui-même, en mettant notamment en place sa propre méthode de calligraphie pour gaucher. Michel s’entraîne sans relâche deux heures par jour, pendant plus de trois ans.
3. Gestuelle
1993
Un stage d’une semaine chez Bernard Arin, au Scriptorium, à Saint Martin le Touche (dans la banlieue de Toulouse), conforte Michel dans sa démarche et l’entraîne à poursuivre son travail solitaire : « La gestuelle ». Cette étape marque aussi un nouveau départ, avec de nouvelles ambitions calligraphiques. Suite à ce stage, Michel décide de suivre une formation de maquettiste PAO, à l’école Estienne. Cette formation vient compléter le travail graphique antérieur en y ajoutant des notions de création et de fabrication. Cette formation constitue également un lieu de découverte : le caractère, les compositions, les règles typographiques (avec Pierre Duplan, spécialiste reconnu de la typographie et de la mise en page).
4. Apprentissage de la technique
1993-1996
Michel multiplie les travaux : compositions d’abécédaires, essais divers sur des poèmes et un travail important sur la charte de jumelage entre les villes de Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne) et Busteni (Roumanie). Au fil de ses recherches, Michel acquiert une certaine habilité qui lui permet d’aborder de nouveaux champs d’expérimentations : couleurs, matières, formats, techniques…
7. Évolution artistique
1997-2003
Deuxième rencontre d’importance : l’association « l’Aractère ». Dans une quête incessante de nouvelles techniques, et avec l’aide de son professeur Kitty Sabatier, Michel met au point une technique pour gaucher. A partir de 1997, il n’aura de cesse de chercher de nouveaux outils pour élargir le champ d’investigation de ses créations. Progressivement, il utilise de nouveaux instruments : le Coca-Pen (plume formée à partir d’une cannette de Coca-Cola), les pigments, la gaze, le sable, le plâtre et la feuille d’or. Ces outils lui ouvrent de nouveaux horizons et lui permettent d’enrichir sa création. Michel a alors l’impression profonde d’avoir découvert sa véritable voie et se sent en harmonie complète avec son signe calligraphique.
2. Techniques
«Une grande démarche en somme pour la liberté du signe»
«Ce nouvel élément conféra une dimension mystique inattendue»
Les couleurs
Dès qu’il fut à l’aise dans la maîtrise du signe, Michel s’attacha à diversifier ses couleurs, avec une nouvelle dimension du signe et un apprentissage proportionnel du signe dans l’espace. La peinture acrylique Ce fut d’abord de la peinture acrylique, avec des mélanges de couleurs de pigments primaires, à l’aide de pinceaux, rouleaux et Drawing gum. Cette peinture est directement créée à base de liants médiums et de pigments primaires. Elle permet une grande part de naturel dans la créativité des fonds (relief, effet de cratères) avec des liants brillant et mats.
Le Coca-Pen
Cet outil extraordinaire eut des répercussions importantes sur le travail de Michel. Il s’agit du métal d’une cannette de Coca-Cola, fendue et pliée en deux, prenant ainsi la forme d’un couteau de cuisine. Trempé dans du brou de noix, le Coca-pen se révèle un métal souple, vibrant sur le papier, et faisant glisser l’encre très naturellement… Une grande démarche en somme pour la liberté du signe. Mais cette apparente liberté est aussi liée à une extrême rigueur du fait de la pointe de la plume sur le papier : cette gestuelle demande en effet une grande dextérité et une forte concentration pour donner vie à chacun des signes transcrits.
Le pigment
Le recours aux pigments permit véritablement à Michel de créer des «contrastes de couleur» : succession de lignes d’aplats de pigments primaires, fixés avec du fiel de bœuf, des liants acryliques médiums et mats ainsi que de la gomme arabique. Cette nouvelle technique créative donna lieu à une nouvelle phase de créativité, permettant de créer des ambiances de contraste, de fonds sombres (très souvent le noir) et des couleurs puissantes ; la lumière venant mettre en évidence la stabilité des signes calligraphiques.
La gaze
La gaze a été la base d’une nouvelle technique : le travail de masquage. Le principe en est simple: des signes calligraphiques sont déposés avec du Drawing gum sur une grand feuille de papier. Après le séchage, des morceaux de gaze sont recouverts de peinture et déposés sur la feuille. On recouvre enfin les parties restées non peintes avec une couleur sombre.
Les matières
Les matières de toutes ces calligraphies s’avèrent inattendues lorsqu’on les observe par le biais d’une photo numérique en prise de vue macro : univers lunaire avec des cratères, des montagnes et des reliefs poudreux colorés. Dans le détail, les signes calligraphiques représentent des incises que l’on retrouve sur des calligraphies lapidaires (capitales romaines gravées sur les pierres des monuments romains). C’est ainsi que le relief a fait son apparition dans les œuvres de Michel. Une autre amélioration consista ensuite dans un travail minutieux sur les aplats de couleurs fortes où se retrouve un style de patine tel qu’il apparaît sur les murs anciens. Puis Michel s’attela à un nouvel ingrédient : le sable rouge, ramassé lors d’un séjour sur une plage de Gozo, près de Malte. Ce nouvel élément conféra une dimension mystique inattendue. Michel découvre, lors d’un voyage en Israël, les encres qu’utilisent les sofers (calligraphes religieux chargés d’écrire la torah et les autres textes bibliques).
Supports
La plupart du temps, Michel utilise des papiers de grammage et d’aspect différents et du parchemin véritable. Mais il utilise aussi des toiles montées sur châssis, ainsi que, depuis peu, la photographie de ses œuvres.
Feuilles de cuivre dorées et de feuilles d’or
Très récemment, Michel a ajouté à ses techniques habituelles la pose de feuilles de cuivre dorées et d’or. Ces feuilles permettent de faire ressortir la couleur dominante des créations.
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